Bláa c’est islandais.
Bláa n’existe pas. Pas comme ça. Même en islandais.
C’est l’inédit des mots dans un seul mot.
Parce que Bláa c’est d’abord et avant tout des mots. C’est la nudité du texte.
C’est féminin.
C’est la couleur a capella.
C’est singulier.
C’est la « bleueur », l’élégant sans maquillage, l’âpre sans apprêt, quelque chose de facile mais pas lisse, un rien gelé mais convivial, très intérieur mais pas distant.
C’est les mots musicalement bien habillés.
C’est accusatif : cela vient marquer l’aboutissement de l’action. Action commune à Séverine et Bertrand Louis. Paroles et mélodies pour elle, arrangements et compositions pour lui.
Bláa est un album très français, singulier, accusatif, peut-être féminin, où il est question de paysages intérieurs, de subjectivité projetée sur le monde. Peu de récits, pas de pensées, un point de vue anti-réaliste vient signifier les émotions et les impressions dans une langue essentiellement cinématographique.
Bláa c’est simple. C’est de la chanson écrite.
Photographie : Isabelle Lévy-Lehmann